Falaise

le castor

L'infatigable travailleur de nos rivières

Répartition :

Castor fiber est répandu partout.
Il vit le long des cours d'eau et des ruisseaux où les berges sont plantées d'arbres et d'arbustes feuillus.
Au début du XXe siècle, il n'en restait que très peu en Eurasie, sa fourrure était recherchée et sa chair réputée goûteuse.
Les peaux de castor étaient vendues, servant à la fabrication de chapeaux. Grâce aux efforts de conservation, l'espèce est désormais relativement répandue.

Caractéristiques :

castor

Le castor est un des plus gros rongeur du monde. Un adulte pèse en moyenne de 15 à 30 kg.
La longueur de l'animal, y compris sa queue de 30cm, peut dépasser 1 mètre. Trapu, court sur pattes, le castor se meut lentement et maladroitement sur la terre ferme. Craintif, effrayé il se sauve très vite car il y est en danger.

Dans l'eau, cependant, il est un nageur gracieux et un plongeur excellent.
Le castor est bien adapté à son habitat aquatique. Durant la nage, une fine pellicule transparente recouvre ses petits yeux ronds et lui permet de voir aussi bien dans l'eau qu'en dehors. Les narines et les oreilles , petites elles aussi, se ferment pour permettre à l'animal de nager sous l'eau.

La queue, dans l'eau, lui sert de gouvernail. Sur la terre elle lui sert d'appui quand il s'assoit. Elle le tient en équilibre et le supporte lorsqu'il marche sur ses pattes de derrière pour transporter, avec celles de devant, ce dont il a besoin.

Ses pattes de derrière portent cinq longs orteils griffus, elles sont palmées pour la nage. Le castor utilise griffes pour entretenir son pelage.

Son épaisse fourrure brune consiste en une couche de duvet et en une toison extérieure de gros poils protecteurs.
En peignant et en huilant continuellement son pelage dense, le castor lui conserve son imperméabilité; il peut ainsi rester dans l'eau pendant six ou sept minutes.

Le castor est aussi pourvu de dents exceptionnelles. Les incisives longues, aiguës et fortes poussent continuellement. Ainsi, au fur et à mesure qu'il use ses dents à frotter les incisives supérieures contre les incisives inférieures, le bout externe des incisives conserve le tranchant d'un ciseau.
Il est un bon bucheron et peut abattre de gros arbres. Il peut clore ses lèvres derrière ses incisives et ronger ainsi les branchettes sous l'eau.

Construction

Un travailleur infatigable et intelligent.
En Ardèche le Castor construit peu de barrages et uniquement sur les ruisseaux.

La digue lui permet d'accroître la superficie de son habitat. L'eau profonde lui permet d'emmagasiner des provisions il peut ainsi, à longueur d'année, accéder sous l'eau à sa hutte ou à son terrier pour se mettre à l'abri.

Une famille de cinq ou six castors peut avoir besoin d'un demi-hectare densément boisé de saules, aulnes, peupliers pour constituer sa réserve de nourriture hivernale. Ils abattent des arbres et des arbrisseaux et tracent des pistes pour les transporter jusqu'à leur réserve.

La construction de canaux pour faciliter le transport est une autre activité étonnante du castor. Ces canaux peuvent s'allonger sur plusieurs centaines de mètres. le castor doit parfois les endiguer pour stabiliser le niveau de l'eau et il lui arrive pour ce faire de détourner des cours d'eau avoisinants.

L'habitat :

Dans les zones minérales des Gorges, il est devenu cavernicole.

Mais ce sont le plus souvent des terriers creusés dans les berges ou des huttes construites dans un étang proche. On y trouve une ou plusieurs entrées sous l'eau, une pièce qui sert d'aire de vie, une chambre étanche et un puits d'aération. Les dimensions varient selon la taille de la famille, le nombre d'années d'occupation.
Les huttes sont fabriquées principalement de branches et de brindilles entremêlées, de boue et de pierraille.
Les jours de grand froid, seul un panache d'air en condensation flottant au-dessus de l'habitat trahit la présence des castors au logis.

L'hiver arrivant, le castor vivant dans les régions construit aussi une cache qui lui sert de réserve alimentaire en hiver. Cette cache, constituée de ses aliments ligneux préférés, est aménagée à proximité de son habitat. La plus grande partie des provisions est maintenue sous l'eau.
Dans nos régions touristiques la cache d'été lui permet d'accéder à de la nourriture sans crainte de tomber nez à nez avec un pêcheur ou un vacancier.

Moeurs :

bois de castor

Monogame, le castor s'accouple pour la vie.
Les petits, trois ou quatre par portée, naissent au printemps.
À la naissance, ils ont un pelage bien fourni et une denture bien acérée.
Les castors peuvent se reproduire dès l'âge de deux ans, âge où ils quittent leur famille et émigrent le long des cours d'eau pour aller s'accoupler à leur tour et créer leur propre foyer.

Dès les premiers froids, le rythme de vie du castor s'accélère à mesure qu'il fait ses provisions pour l'hiver : il ronge et abat des arbres qu'il tire, pour les entreposer sous l'eau.

Tant que dure l'hiver, il transporte, de sa réserve à sa salle à manger, les branchages dont il ronge l'écorce succulente. Le peuplier, le saule sont ses aliments de prédilection durant cette saison.

Le castor sort aussi pour nager et arracher les racines et les tiges épaisses de plantes aquatiques.

Durant les hivers doux les adultes s'aventurent hors de l'eau pour se nourrir des fraîches tiges qui croissent le long des berges.

L'hiver, le régime alimentaire du castor se compose de plantes ligneuses puis avec l'arrivée du printemps de plantes herbacées. L'été venu, le castor se nourrit de graminées, d'herbes, de feuilles des plantes ligneuses, de fruits et de plantes aquatiques.
Le castor est cacotrophe, c'est à dire qu'il prédigère une première fois l'écorce des arbres ingérée, qu'il expulse annalement pour réingérer avant de faire ses excréments qui ressembles à de petites pelotes de sciure.

Le rythme de vie quotidien du castor : Très actif à l'aube et au crépuscule, il se repose le milieu du jour.

En raison de son mode de vie essentiellement aquatique, qui lui assure une excellente protection, le castor demeure vulnérable lorsqu'il explore les berges à la recherche de nourriture.
La loutre peut pénétrer dans son habitat et tuer sa progéniture.
De soudaines crues peuvent aussi forcer l'animal à quitter son logis et affronter les dangers.

Menacé, le castor défend chèrement son espace vital. Il fait face à l'agresseur, l'attend, accroupi sur ses pattes arrières et émet un sifflement aigu avant de s'élancer et de chercher à mordre. Il vaut mieux se tenir loin de lui s'il se sent acculé