Falaise

LA GROTTE DES HUGUENOTS

Les grottes : des sanctuaires, des refuges ...

LA GROTTE DES HUGUENOTS

La grotte des huguenots est une petite grotte dont la visite et l'animation en sont assurées par l'association CESAME.

LA GROTTE, CONSERVATOIRE DE TRACES DE RITES ET DE CROYANCES.

Située près de l'eau, orientée au Sud, elle a constitué un abri presque idéal pour les hommes préhistoriques.

Des fouilles ont prouvé qu'elle a été occupée à peu près à toutes les époques depuis environ 22 000 avant J.C. Son aménagement il y a une quinzaine d'années a malheureusement détruit une bonne partie du gisement.

Voici quelques outils en silex trouvés soit lors des fouilles, soit par la suite.

Plus tard, elle a constitué avec les grottes voisines de Cayre-Crêt (Grotte de l'Ours) un abri pour les réfractaires ou persécutés, tantôt protestants, tantôt catholiques semble-t-il d'après les inscriptions qui ont pu être relevées dans la grotte de l'Ours.

Et surtout elle a servi de lieu de prêche - de culte au désert - de 1685 à 1787-89 pour les protestants persécutés, après la révocation de l'Edit de Nantes. C'est pourquoi on lui a donné le nom de Grotte des Huguenots vers 1890 (dessin d'une assemblée de 1890). On ne possède aucun document prouvant ces assemblées ici, car évidemment les Huguenots ne laissaient pas d'archives ou de comptes-rendus précis. Cependant tous les historiens protestants sont convaincus que de nombreuses assemblées ont eu lieu ici, et la tradition de Vallon indique le trou du guetteur et la chaire du pasteur. Il faut signaler que la route des tunnels n'existe que depuis 1890 à peu près et qu'au XVIIIème siècle l'endroit était donc très sauvage, retiré et difficile d'accès.

Un document évoque la présence d'Abraham Mazel, un des chefs camisards dans la grotte. La région a peu participé à la guerre des Camisards mais un combat eut lieu à Vagnas où une petite armée de Camisards commandée par Jean Cavalier fut battue.


La grotte jusqu'à nos jours :

Certaines grottes ont continué d'être utilisées comme :
* refuges pour des ermites, des persécutés ou des maquisards (en 1943 - 44),
* places-fortes au bord de l'Ardèche pour surveiller et contrôler la rivière,
* habitations troglodytiques,
* hangars, dépôts d'outils ou caves,
* exploitations d'engrais (1890 - 1910).

Des traces ou vestiges de toutes ces activités subsistent dans de nombreuses grottes de Vallon.

URNES BICONIQUES DU BRONZE ANCIEN (1800 - 1500 avant J.C.).

Ces vases ont été découverts avec les éléments de plusieurs autres, en 1974, par une équipe du CESAME au cours de l'exploration systématique d'une des grandes grottes de Vallon.

Ils n'étaient accompagnés d'aucune trace d'inhumation mais le dépôt de ces vases dans une petite salle difficile d'accès n'a pu avoir pour origine qu'une intention rituelle.

Le poignard en bronze que l'on date de la fin de l'époque du Bronze Moyen (vers 1200 avant J.C.) a été découvert, lui aussi, par un spéléologue dans une étroite galerie de la grotte du Maquis à Vallon dont une autre partie, plus vaste, avait servi d'habitat. Il s'agit donc aussi d'un dépôt volontaire et certainement rituel ; mais nous ne saurons jamais quel rite, avec quelle croyance et pour quelle protection.


La grotte, habitat préhistorique :

À partir des objets trouvés et des observations faites au cours d'une fouille rigoureuse, on peut reconstituer l'habitat en grotte tel qu'il a existé, il y a des milliers d'années, avec l'emplacement du foyer, de la taille du silex, du "dépotoir", avec quelques-uns des outils et ustensiles qui étaient utilisés...

Il s'agit ici de la reconstitution théorique, d'après un ensemble de fouilles en Ardèche, d'une occupation néolithique (entre 4000 et 300O avant J.C.).


La grotte, cachette à toutes les époques :

On a appelé "TRÉSOR du DÉROC" un ensemble d'objets en bronze, bijoux surtout, trouvé en 1883 dans une grotte de Vallon par des ouvriers travaillant à l'exploitation des "phosphates" dans une grotte voisine. Les 286 objets étaient contenus dans un vase du type de celui-ci. Il s'agit sans doute d'un dépôt fait par un bijoutier, peut-être un marchand ambulant de la fin de la période du Bronze Final (vers 900 avant J.C.).

L'ensemble du "trésor" est déposé au Musée de Nîmes. Nous présentons ici des moulages de quelques-unes des plus belles pièces. (Etude détaillée dans Ardèche Archéologie n°7 -1990-).


La grotte, habitat:

Cette maquette, établie d'après les fouilles et reconstitutions du professeur Henry de Lumley dans la grotte du Lazaret à Nice, veut montrer comment les hommes préhistoriques, même à des périodes très anciennes, aménageaient, compartimentaient et fermaient les grottes dans lesquelles ils vivaient.


La grotte, citerne ou garde-manger :

* Le grand vase de la Grotte de l'Orage :
Cette grotte, découverte, explorée et topographiée par le CESAME comportait à l'entrée un habitat, et, disposés dans les galeries, de grands vases à provisions comme celui-ci ou des vases placés sous des stalagtites et destinés à recueillir l'eau : on parle pour cela de grottes citernes.
Souvent, on retrouve les vases brisés sur place.

La tradition de ces vases réservoirs s'est perpétuée chez les Romains et jusqu'à nos jours chez certains peuples.

* La céramique:
On ne trouve que très rarement des vases intactes. Lorsque l'on a pu rassembler tous les éléments d'un vase brisé, la reconstitution tient du puzzle. Lorsque des éléments manquent, on s'efforce de retrouver la forme, le décor, les moyens de préhension et de compléter au plâtre.

L'époque où l'homme a découvert la céramique et le tissage, s'appelle le Néolithique ( âge de la pierre polie, où l'homme est devenu sédentaire, agriculteur et éleveur).

La grotte, sanctuaire paléolithique :

À ce jour, 13 grottes ornées ont été découvertes dans les gorges de l'Ardèche. Aucune n'a pu être ouverte au public et la plupart sont protégées par des grilles ou portes blindées.

Grâce à des fouilles ou à des comparaisons et études de style, on sait que ces gravures ou peintures ont été réalisées entre 22 000 et 10 000 avant notre ère, à la fin de la dernière glaciation (dite de Würm), aux périodes que les préhistoriens appellent le Solutréen et le Magdalénien.Les animaux les plus représentés sont le mammouth, le cheval, l'auroch, le bouquetin. On trouve aussi de nombreux signes : points, lignes, triangles...

Plusieurs de ces grottes et surtout la grotte d'Ebbou à Vallon, constituent aux yeux des spécialistes de véritables sanctuaires avec un ensemble de symboles, peut-être témoignages d'une sorte de mythologie.

Une autre grotte de Vallon a fourni des objets gravés : côtes de renne avec représentation de biches, poissons, oiseaux.


L'art mobilier :

Cette vitrine cherche à donner une idée de ce que l'on appelle l'Art Mobilier, objets ou statuettes contemporaines de l'art pariétal, entre 30 000 et 10 000 avant J.C. Les représentations animales dominent encore mais on a trouvé aussi quelques représentations féminines : les vénus préhistoriques, dans lesquelles on peut voir l'indication d'un culte de la fécondité.

Il s'agit ici de moulages d'objets qui ne proviennent pas du département de l'Ardèche.

Les artistes préhistoriques utilisaient en général l'os, le bois de renne, l'ivoire de défenses de mammouths, mais également des galets ou plaques de schistes qu'ils gravaient au burin de silex.


Les ossements :

Lors de ses explorations, le spéléologue peut découvrir de nombreux ossements :

* restes de petits animaux récents entraînés au fond d'un trou de carnassier ou par les eaux,

* ossements complètement calcifiés d'animaux très anciens et aujourd'hui disparus (rennes de l'aven de la Forestière - ours des cavernes, très fréquents),

* restes humains de sépultures préhistoriques (nous en présentons plus loin) ou d'origine plus récente et très diverse : accidents, règlements de comptes, fusillés de la dernière guerre, etc...


Squelette d'ours des cavernes :

Les ours ont vécu en grand nombre en Europe pendant tout le Paléolithique. Il existait deux espèces principales :

l'ours brun (Ursus arctos ) et l'ours des cavernes (Ursus speloeus ).

Les ours des cavernes, caractérisés par un front très bombé, pouvaient atteindre une taille considérable. Ils ont disparu à la fin de la dernière glaciation, vers 10 000 avant J.C.

On trouve dans les grottes leurs ossements fossilisés, sur les parois des galeries, les traces de l'aiguisage de leurs griffes (griffades) et, creusés dans l'argile du sol, les nids dans lesquels ils hibernaient et où les femelles mettaient bas.

On a peu de témoignages de la chasse à l'ours et par ailleurs, cet animal figure rarement parmi les gravures et peintures préhistoriques. Pourtant, Norbert Casteret a découvert dans la grotte de Montespan (Pyrénées) en 1922 une statue d'ours modelée en argile et percée de coups de sagaie, et une disposition originale d'ossements d'ours mis à jour dans quelques cavernes a été interprétée comme l'indice d'un culte de cet animal par certains chercheurs en préhistoire.

Dans plusieurs cavernes l'accumulation des ossements d'ours mêlés aux excréments était telle que l'on a eu l'idée, au XIXème siècle d'exploiter ce remplissage pour le transformer en engrais.

De nombreuses grottes de l'Ardèche et du Gard, et notamment de la région de Vallon ont connu la même exploitation et ainsi ont été détruits d'importants gisements préhistoriques.

Le squelette présenté ici a été trouvé isolé et en surface dans la Grotte de l'Orage dans le Gard (découverte et explorée par le CESAME). À proximité, la paroi d'un diverticule est couverte degriffades remarquablement conservées.

LA GROTTE, UN ÉCOSYSTÈME À PART ENTIÈRE...


La vie souterraine :

Il y a moins de deux siècles, pour les anciens, les grottes étaient le domaine des morts. Il paraissait impossible que des êtres vivants puissent subsister dans l'obscurité. La découverte d'organismes sans yeux fut d'abord considérée comme une curiosité, puis il est apparu que le phénomène était général. Le premier cavernicole décrit fut le Protée (Proteus anguinus ).

La science qui étudie les animaux cavernicoles s'appelle la biospéléologie. La création de laboratoires souterrains (Moulis) a permis des réalisations expérimentales continues et a orienté la biospéléologie vers des études physiologiques.

La vie souterraine est composée d'une faune cavernicole (population très hétérogène),


L'âge des métaux :

Le premier métal utilisé dans nos régions, a été le cuivre peu avant 2000 avant J.C. (aiguilles et perles). On appelle cette époque le Chalcolithique.

L'invention du bronze est sans doute, comme l'utilisation du cuivre, venue d'Orient où ce métal était connu vers 3000 avant J.C.

Dans nos régions, l'âge du Bronze commence vers 1800 avant J.C. et les spécialistes distinguent trois périodes successives :

* Bronze Ancien (1800 à 1500 avant J.C.)
* Bronze Moyen (1500 à 1200 avant J.C.)
* Bronze Final (1200 à 800 avant J.C.)

Lui succède le premier âge du Fer ou période de Halstatt.

Les métallurgistes de l'âge du Bronze ont atteint une grande habilité et ont réalisé, en général par moulage, une grande variété d'outils, d'armes et de parures.

On a retrouvé très peu de traces de fusion dans notre région, et l'on suppose donc que la plupart des objets étaient importés.

Outre les objets isolés découverts à l'occasion de fouilles d'habitats ou de sépultures, on trouve parfois, dans les grottes, des dépôts plus importants : cachette de colporteur ou de récupérateur fondeur (exemple du trésor du Déroc).


L'aven du cerisier :

Une autre découverte faite par les spéléos du CESAME : le trésor monétaire de l'Aven du Cerisier.

C'est encore en faisant de la désobstruction dans un aven comblé que nous avons trouvé, sous plusieurs mètres cubes de terre et de rocaille, deux petits vases contenant près de 200 pièces en argent ou en bronze. La plupart ont pu être datées et déterminées : elles ont été frappées par les seigneurs ou évêques des villes indiquées sur la carte du XIIème et au début du XIIIème siècles. Ce dépôt nous rappelle qu'au cours de la période historique aussi, les hommes ont utilisé les grottes pour y cacher leurs biens les plus précieux. Sur les raisons de ce dépôt, on ne peut faire que des hypothèses variées : menaces de guerre, de pillages, ou au contraire dissimulation du butin d'un brigandage...

La totalité du trésor est déposé au Musée du Colombier à Alès.


La sépulture de la grotte du baptème :

Cette grotte est située dans les gorges de la Cèze. Une salle supérieure était connue et avait même été utilisée comme bergerie et abri de charbonnier. Nos spéléos y ont relevé en surface de nombreux vestiges préhistoriques : silex, céramique, épingle de bronze.

Grâce à un travail de désobstruction, l'un d'entre eux a découvert un nouveau passage, des puits, et, à un niveau inférieur, une salle où avaient été déposés au moins une dizaine de corps accompagnés de vases. Ces vases étaient typiques de l'âge du Bronze Ancien et ont donc permis de dater à peu près la sépulture. Corps et vases avaient simplement été bousculés par le passage d'animaux comme les blaireaux ou renards.

* Le crâne présenté ici comporte une petite stalagmite, formée peu à peu.
* Le sauvetage de ce site peut être considéré comme exemplaire :
* découverte : rien n'est touché,
* déclaration aux services compétents : autorisation de sauvetage,
* topographie de la grotte et photographie de tous les recoins et aspects,
* relèvement de chaque vestige après numérotage et localisation sur le plan.
* Actuellement, nous n'avons gardé que ces deux éléments à présenter ici. Les ossements ont été confiés à des spécialistes. Leur étude a donné des indications intéressantes sur certains types humains de cette époque.